Success Story : la réinsertion professionnelle de Madame Bouvard après l’épreuve du burn-out
Madame Susan Bouvard
Madame Bouvard a débuté son accompagnement avec Démarche en 2021. À la suite d’une problématique liée à sa santé, elle intègre la mesure « Gestion de carrière » afin de clarifier ses aptitudes et aspirations professionnelles. En 2022, avec le soutien de l’assurance invalidité, elle entreprend un travail de renforcement de sa capacité de travail grâce à un stage interne puis externe, accompagnée par nos job coachs. Son passage chez Démarche s’achève en 2023, au terme d’un cheminement marqué par des défis quotidiens, une confiance retrouvée et une reprise progressive de son autonomie et de ses responsabilités. Aujourd’hui, elle nous partage son expérience et les richesses que son parcours atypique lui a apportées.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
Susan Bouvard : J’ai un parcours professionnel riche et j’ai exercé plusieurs métiers. J’ai travaillé pendant près de quinze ans dans l’hôtellerie et la restauration. J’ai évolué du domaine de la cuisine à un poste à responsabilités en qualité de gestionnaire des revenus.
J’ai ensuite quitté le monde de l’hôtellerie et j’ai suivi une autre voie. J’ai débuté comme conseillère dans un service client et je me suis ensuite familiarisée avec des tâches purement administratives. Comme je parle plusieurs langues, j’ai aussi fait des traductions. Après avoir quitté l’hôtellerie de luxe, j’ai ensuite exercé dans une société de conseils financiers, dans le visual merchandising, au sein d’une société de production de films, pour une ONG et finalement au sein d’une Haute école. Ce qui m’importe le plus est de trouver un sens à mon travail et de pouvoir constamment apprendre et m’épanouir.
Quels défis avez-vous rencontrés durant votre réinsertion et comment les avez-vous surmontés ?
S.B. : La première étape a été un bilan de compétences. C’était un gros défi, car je devais me rendre chaque semaine à un rendez-vous d’une heure à Aigle en train. Il me fallait sortir de ma zone de confort, assumer un rendez-vous avec un horaire précis et être active et concentrée pendant une heure. Je n’avais pas la force de me poser beaucoup de questions et l’effort que je devais faire pour cela était énorme.
Lors de ce premier défi, j’ai dû réfléchir et répondre à différentes questions. Qu’est-ce que je sais faire ? Qu’est-ce que j’aime faire ? Qu’est-ce qui me plairait comme environnement professionnel ? Qu’est-ce que j’aimerais faire ? Ce sont des points essentiels qui demandent beaucoup de réflexion et d’énergie pour trouver les réponses adéquates. Au fur à mesure du processus, une image de moi s’est dessinée et elle m’a servi de modèle pour me reconstruire et aller de l’avant.
La deuxième étape a été une mesure progressive au sein de Démarche à Aigle durant une année. Lors de cet accompagnement, ma première mission a été de me rendre au travail à raison de deux heures par jour pendant quatre jours et, dans l’idéal, d’atteindre une présence de 40 % sans rendement particulier sur trois mois. Nous avons convenu d’un horaire précis à tenir.
J’ai réalisé au bout du premier jour qu’il existait une différence importante entre ce que j’avais fait professionnellement et ce que j’étais capable de faire à ce jour. Je me souviens des efforts que je devais fournir pour suivre des explications, des conversations, rester concentrée sur un travail. J’ai pleuré en sortant de ma première journée et j’étais épuisée. C’est avec peine que je suis rentrée à la maison. Ma confiance en moi était très faible. Ces premières semaines ont été cruciales. Une de mes principales tâches consistait à retranscrire les timbrages des participant-e-s sur un tableau Excel. Petit à petit, ce travail répétitif m’a permis de gagner en capacité mentale.
Ma deuxième mission consistait à atteindre un taux de 60 % avec un rendement équivalent sur six mois. Je me souviens particulièrement, d’un jour, où en m’entendant taper sur le clavier, je me suis dit : je reconnais cette musique, c’est mon rythme de frappe. J’avais gagné en fluidité et je commençais à retrouver de l’aisance. Pendant ces six mois, j’ai petit à petit retrouvé confiance en moi. J’ai pu réaliser des tâches en toute autonomie et prendre des responsabilités.
Quel a été le rôle de vos jobs coachs dans ce cheminement ?
S.B. : Mes différent-e-s job coachs ont donné un support à ma réinsertion. C’était une présence sécurisante. Les entretiens étaient des moments où je pouvais m’exprimer dans un cadre bienveillant. Au fil des discussions et des échanges, j’ai pu augmenter mon champ de vision et découvrir de nouveaux horizons. J’ai également appris à oser dire ce que je voulais, à fixer des objectifs modérés et surtout à garder à l’esprit que toute idée est bonne à prendre. Tout au long de ce cheminement, j’ai trouvé à mes côtés des personnes à l’écoute, attentives, investies et d’une grande humanité.
Quel moment particulièrement marquant de votre accompagnement souhaiteriez-vous partager ?
S.B. : Les progrès, les réussites et les avancées étaient toujours saluées ! J’étais entourée d’une vraie équipe de supporters ! Cette énergie me donnait une force énorme. Les « couacs » quant à eux, ils étaient abordés, soignés et ainsi on repartait pour aller de l’avant.
Avec le recul, quels enseignements avez-vous tirés de votre parcours de réinsertion professionnelle ?
S.B. : Je dois prendre le temps d’entendre et de ressentir ce qui se passe en moi, prendre du recul et surtout m’écouter. Un « non » est une réponse aussi valable qu’un « oui » et peut amener à regarder d’autre aspect. Le « non » donne de l’espace et permet de clarifier et de définir les intentions.
Quel message aimeriez-vous adresser aux personnes qui traversent une situation similaire ?
S.B. : Un burn-out n’est pas un échec mais une épreuve. Il y a toujours un après et un autre monde s’ouvre. Il faut rester ouvert-e et curieux-euse de la vie. Je conseille de prendre ce temps comme un cadeau pour redéfinir son parcours professionnel et personnel. Le rythme de vie change tout comme notre regard sur la vie. Être indulgent-e avec soi-même et rester confiant-e et serein-e. On ne fait pas tout juste, mais on ne fait pas tout faux non plus !
Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre parcours professionnel ?
S.B. : De continuer à cheminer sereinement et d’avoir confiance en la vie. Une porte se ferme pour donner de l’espace à une autre possibilité. J’aimerais, profiter de remercier sincèrement les nombreuses personnes qui m’ont accompagnée pendant près de deux ans. Elles peuvent être fières de leur engagement et du soutien qu’elles apportent à autrui ! Merci de tout cœur.